Dj Payou — “la Soca Ca Se Vit !”
Interview de Dj Payou par Simple Fx

INTERVIEW AVEC
by Simple FX
Dj Payou — Credit Photo : Fabrice Mauvois
“LA SOCA CA SE VIT !”
Hello! Je me présente Payou, originaire de la belle île de la Martinique. Cela fait bientôt 8 ans que j’exerce ma passion et mon métier de deejay. Amoureux de la Musique avec un grand « M » j’écoute et m’intéresse à différents styles de musique bien qu’ayant un penchant naturel et prononcé pour les sonorités caribéennes. J’aime aussi voyager, faire des rencontres, découvrir et faire découvrir. En un mot j’aime le Partage, s’enrichir et enrichir les autres de connaissances multiples et diverses.

Faire de sa passion son métier
Comment t’es venu ta passion pour le deejaying?
Depuis mon adolescence je m’intéressais déjà un peu au monde du deejaying. Effectivement, je fais partie de la génération qui restait des heures dans la voiture à écouter les émissions de mix à la radio. Et puis il y a eu cette grande manifestation dans les années 96 97 du « Choc des Deejays » et c’est à partir de là que j’ai vraiment accroché.
Voir l’effet de la musique sur le public, entendre les différents enchainements, la technique, les scratchs, la créativité des DJs c’était juste magique. Ensuite j’ai commencé à sortir en soirée, voyager et ma passion n’a fait que grandir.
A quel moment as-tu constaté que tu pouvais en faire ton métier?
A vrai dire, ce n’était pas du tout prévu que j’en fasse mon métier ! A la base je me destinais plutôt à une carrière dans le milieu du Commercial. J’ai fait des études en conséquence, et c’est finalement ces dernières qui m’ont conduit à en faire mon métier.

C_omme pour beaucoup je pense, j’ai commencé vraiment à mixer d’abord à la maison, juste parce que j’aimais cela. Puis de grillade en grillade, en passant par les anniversaires des amis, je me suis réellement confronté au paysage professionnel en 2011._

Des organisateurs de soirées, dirigeant de boite de nuit et bar m’ont fait confiance allant même à me laisser mixer tout seul, ce qui fût très formateur. J’ai eu la chance d’apprendre aux cotés de djs expérimentés tels que Gil, Boos, Demboss, Kos’D pour ne citer qu’eux. Et c’est vraiment après avoir exercé comme dj résident pendant 2 ans, que j’ai réalisé que c’est ce que je voulais vraiment et surtout que j’avais la chance de pouvoir allier ma passion à mon métier.
Il est aussi vrai que quand je m’investis dans un projet, j’aime aller jusqu’au bout et que ça soit au minimum bien fait, c’est pourquoi j’ai choisi de me professionnaliser.
Ambassadeur Soca
Tu n’as aucun problème à mixer dans n’importe quel type de soirée, mais tu es cité comme dj de référence pour ce qui est de la Soca en Martinique, d’où te vient cette passion pour ce style?
Bien qu’étant Français, Nous, la Martinique et plus généralement les Antilles française, avons la chance de baigner dans le bassin caribéen. J’ai donc grandi avec cette diversité musicale et culturelle. Les sonorités chaudes et rythmées de la caraïbe sont donc naturellement ancrées en moi. Et si il y a bien un style musical qui la représente, c’est la Soca. Au début j’aimais juste en écouter parce que j’aime ce qui bouge ! Puis en discutant avec d’autres personnes qui ont pu participer à différents carnavals dans la caraïbe, j’ai vraiment commencé à m’intéresser à ce qui n’était visiblement pas juste une musique mais un état d’esprit.
D’ailleurs j’ai tout de suite accroché cette façon de vivre la musique, de s’amuser de partager.
J’ai eu l’opportunité en 2014 de commencer à transmettre cette passion à travers un événement majeure que fût la « Jouvert » en Martinique. Depuis, effectivement je n’ai cessé de promouvoir la Soca qui bien plus qu’un style musicale est une façon de vivre.
En effet la Soca ça se vit !
La Caribbean Dream, permet justement de faire découvrir ce « Way of life », ce mode de vie qu’est la Soca.
Ce qui en fait un événement vraiment à part, est que l’on brise les barrières de langue pour laisser place à un rassemblement festif et multiculturel.
Plus d’informations sur cet événement

On sait s’amuser ici !
Après il est vrai que notre public est peut-être un peu plus exigent ! Cela a ses bons et mauvais côtés.Je ne dirai pas qu’on a du mal à se lâcher mais plutôt que l’on consomme l’amusement différemment. L’approche n’est pas forcément la même, ce qui est normale.Cela dit cette différence s’estompe au fur et à mesure car il y a de plus en plus de personnes qui voyagent et s’ouvrent à l’extérieur.
Nous faisons partie de la grande Famille de la Caraïbe
Avant même que le métier de dj ne t’y amènes, tu as voyagé et participé à des évènements tel que le Crop Over ou la UberSocaCruise en tant que public, qu’est-ce que cela t’as apporté en tant que deejay?
En un mot de « l’Energie » ! Quand tu reviens au pays après des événements pareil, tu n’as qu’une envie, partager avec tout le monde l’énergie, les bonnes vibrations que tu as emmagasinés. J’ai pu aussi voir que malgré la barrière de la langue, nous, francophones, avons complètement notre place et qu’il ne faut pas avoir peur de s’exporter. Car c’est aussi en allant vers les autres que l’on pourra les faire venir vers nous et découvrir notre culture. Nous faisons partie de la grande Famille de la Caraïbe.

J’ai eu la chance de pouvoir mixer pour des publics diverses de Martinique en passant par Barbade, Sainte Lucie, New-York et autres. Ce qui m’a le plus marqué c’est que quel que soit la nationalité, la musique permet de tous nous rassembler, de partager nos influences.
J’ai pu faire de magnifiques rencontres qui m’ont permis de grandir autant au niveau professionnel que personnel.
Il y a-t-il un lieu ou un évènement où tu aurais aimé joué?
Actuellement j’aimerais bien pouvoir me produire au mythique carnaval de Trinidad ! Sait-on jamais !

Un conseil aux Dj en devenir?
Je suis moi-même un dj en devenir ! Je ne fais que commencer, j’apprends tous les jours ! Mais si je devais donner un conseil aux jeunes DJs, ça serait de rester humble et de ne pas oublier qu’avant d’être un métier, c’est une passion ! Ah oui, pour ceux qui pensent toucher des millions en faisant Dj, ne vous leurrez pas, on ne sera pas tous des David Guetta !

N’oubliez pas que c’est un métier essentiellement nocturne, donc ceux qui aiment dormir pensez-y !
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